Pour commencer, un grand merci aux Intruders.
L'interview vidéo qu'ils ont réalisée est vraiment complète et je me suis fais un devoir de réaliser un compte rendu.
Le fonctionnement de Deezer ?
La grosse différence entre Blogmusik et Deezer, c'est l'architecture du site.
Alors que Blogmusik fonctionnait avec un crawler qui indexait les contenus audio d'internet pour les proposer sur le site par la suite, Deezer héberge tout ce qu'il diffuse (les utilisateurs ont une possibilitée de stockage infinie sur leur espace personnel).
Cet hébergement est motivé par une volonté de contrôle de la diffusion : Deezer mesure le nombre de fois que chaque titre est joué, vous l'aurez deviné c'est par soucis de légalité et de rémunération des artistes.
Ce changement de technologie est la cause essentielle de l'accord avec la SACEM : Deezer pouvant mesurer l'audience de ses chansons, la SACEM est en mesure de savoir combien le site lui doit.
Le contenu provient pour l'instant des utilisateurs et des fichiers qu'ils envoient sur leur espace personnel (fichiers controlés par un robot qui vérifie leur légalité dans une base de donnée avant de permettre sa diffusion publique) mais Deezer est en négociation avec les maisons de disque pour pouvoir proposer et indexer directement leur catalogue.
A terme il y aura donc deux sources de contenu : les utilisateurs et les maisons de disque.
Le financement?
Le business modèle de Deezer est la publicité, vous l'avez certainement remarqué. Jonathan Benassaya clarifie les choses et nous présente les trois phases d'évolution d'une plate-forme financé par la publicité : au départ, le CPM est bas car le nombre d'utilisateurs est faible; il augmente ensuite avec le nombre d'utilisateur et pour finir, le stade critique : la plate-forme a trop d'utilisateur et est obligée de baisser son CPM pour qu'il reste abordable. Deezer est en phase 2 (450000 utilisateurs hier) et repousse au maximum la phase 3.
Donc, oui, même si Deezer diffuse beaucoup plus de chansons qu'une radio classique, son business modèle est viable et il prend en compte la rémunération des artistes (tout du moins la SACEM, il reste à voir les modalités du forfait, si elles sont identiques au forfait porposé aux radios, les artistes devraient s'y retrouver).
Le futur?
Il s'annonce plutôt bien. Johnatan rappelle que pour l'instant 98% du streaming est illégal, proposer un streaming légal est donc ce qu'on peut appeler un avantage concurrentiel.
Deezer a plusieurs plans pour le futur qui va s'organiser en trois temps :
-Aboutissement des discussions avec les maisons de disques (d'abord les 4 grosses majors puis les labels indépendants européens, le reste se fera au fur et à mesure)
-Lancement de la deuxième version avec entre autres un réseau social et un portail d'actualité (Les charts par pays ont disparu du site pour l'instant et les charts par genre ne sont pas très à jour mais Deezer a mis un backoffice en place pour cette veille, pas d'inquiétude!)
-Diffusion de Deezer sur tous les supports possibles (TV, Mobile etc...)
Je leur souhaite personnellement de réussir (sans me faire trop de souci pour eux, comme le souligne Johnatan, l'industrie musicale cherche des sources de revenus de toute par sur internet), et surtout d'arriver à la fin de la phase 1.
PS : C'est très vite évoqué mais on peut aussi souligné que Johnatan parle de fonctions spéciales pour les Freenautes... A voir
vendredi 24 août 2007
Intruders.tv interview Deezer : Compte-rendu (fonctionnement, financement, futur de la plateforme)
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