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mardi 23 octobre 2007

Gouvernement et Industrie Musicale : le petit bout de la lorgnette?

Notre président a fait de l'avenir de l'industrie du disque un de ses cheval de bataille et il prend des mesures on ne peut pas lui reprocher.

Pourtant, l'annonce de l'adoption d'un nouveau barème de rétribution des artistes pour les radios n'est pas ce qu'on peut juger de plus actuel comme mesure pour aider l'industrie musicale.

En effet, l'évolution du barèmede rétribution des artistes (Le précédent était fixé à 4,25% des revenus des radios, le nouveau prévoyant des taux progressifs de 4 à 7%) est une mesure contestée par les trois syndicats (qui regroupent la majeure partie du paysage radiophonique français) qui la jugent "démesurée" et ajoutent que c'est une mesure ordonnée "par le gouvernement pour satisfaire aux intérêts de l'industrie musicale, alors que le secteur radio est en proie à un contexte économique difficile"."Ce n'est pas en surtaxant les radios que les pouvoirs publics vont sauver le modèle économique de l'industrie musicale", concluent-ils, et ils n'ont pas tort.


Comme le disait Raph de YAWAM, RTL2 et Last.fm n'ont rien à voir en terme de choix et d'interactivité, si on ajoute Deezer à cette mise en perspective, on se demande pourquoi les français (qui sont pour près de la moitié équipés d'internet) se limiteraient à une playlist restreinte et répétitive?

Autre cheval de bataille : la lutte contre le téléchargement illégale avec entre autre la mission Oliviennes... Que dire?


Je vais me contenter de citer un article d'Ecrans.fr (site de libération)

"Alors que le piratage est considéré, par l’industrie du disque, comme la cause principale de l’effondrement de ses revenus, The Register rapporte, que selon une étude confidentielle réalisée par Cap Gemini pour la Value Recognition Strategy (1), les plate-formes légales de téléchargement en ligne seraient les premières responsables.

L’étude indique ainsi que sur les 480 millions de livres sterling (688 millions d’euros) de pertes subies par l’industrie musicale en Angleterre, plus de 75% seraient à imputer à la vente de fichiers musicaux numériques sur Internet. Elle estime à 368 millions de livres (553 millions d’euros) le manque dû au passage du CD au numérique. Plus précisément en cause, l’offre d’Itunes (qui fut le premier à lancer la vente de single) et de ses concurrents qui permet au consommateur de n’acheter que les morceaux d’un disque qui lui plaisent. Car dans sa version numérique, la notion d’album semble devenue obsolète, les utilisateurs préférant piocher les titres à la carte. « Là où le modèle d’Itunes est déconnecté de la réalité, c’est que la propriété intellectuelle fonctionne en prix groupé, pas dans la granularité. Pensez-vous qu’Edgar Allan Poe pourrait s’être enrichi si “The Raven” avait été vendu séparément de trente autres poèmes ? » analyse l’économiste Will Page.

Toujours selon le rapport, le piratage serait responsable de 18% des pertes. Un chiffre non négligeable, mais faible par rapport à l’importance qui lui est donnée. Et qui pousse Cap Gemini à conclure que ça n’est pas la chasse au téléchargement illégal qui sauvera le marché de la musique en Angleterre, mais le fait de proposer des offres groupées (bundle) qui satisfassent le consommateur.

(1) Value Recognition Strategy est un groupe de travail composé principalement de labels indépendants anglais (mais soutenu par toute l’industrie musicale) créé l’été dernier pour analyser les possibilités de revenus dans le numérique."

Moralité : Taxez les radios et combattez le piratage en incitant l'industrie musicale à ne pas s'adapter....

Bon d'accord, je suis de mauvaise fois, Universal a tout de même pour projet une nouvelle license globale (retour à la case DAVDSI... Le débat est ouvert :-D) : Total Music... ou pas !

Faites connaitre cet article :

2 commentaires:

damospace a dit…

Très bonne analyse... à laquelle on pourrait juste encore ajouter l'expérience plutôt réussi de Radiohead de laisser les gens fixer eux-mêmes le montant qu'ils payent pour le téléchargement d'un album... il est vraiment temps que l'industrie du disque évolue !

SimSim a dit…

On est d'accord, mais ce type de démarche n'est malheureusement possible que pour un groupe connu et les maisons de disques restent bien utiles pour les petits artistes...