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jeudi 3 juillet 2008

Loi HADOPI : la vision d'un chantre du logiciel libre

La loi HADOPI est sur tous les écrans ces derniers temps et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il nous reste comme un gout amer de DADVSI dans la bouche...

Je ne vais pas vous faire l'affront de vous présenter le loi, ses risques et ses enjeux vu que je ne suis pas juriste.
Certains l'ont fait mieux que moi et j'aimerais les citer :
Numerama (en particulier les 10 bonnes raisons de dire NON à la loi HADOPI)
ZDNet (et avant tout l'analyse de Philippe Astor)
SVM qui a consacré un dossier très complet au sujet et a été à l'initiative d'une pétition contre la future loi
Presse Citron : l'analyse d'Eric Dupin a le mérite de soulever d'autres questions : fin du WIFI ouvert, le rappel de l'application de la loi aux logiciels jeux et films - même si je ne suis pas tout à fait d'accord pour l'argument des 52 artistes en faveur de la loi - Essayez une recherche "Jacob Devarrieux" sur Google ---> HADOPI et c'est tout, ça fait sourire!)
et tous les autres

J'aimerais juste relever l'interview d'Eben Moglen (chantre du logiciel libre) à propos des libertés numériques transcrite dans l'article d'Internet Actu sobrement intitulé :

Eben Moglen : “Je ne les qualifierai pas de voleurs, sauf s’ils me traitent de pirate”

Quelques citations extraites de la transcription (à lire en entier) :
"La génération qui a créé l’internet a grandi en écoutant au walkman des compilations de chansons enregistrées à la radio. Aller à l’encontre du partage des fichiers, c’est aller à l’encontre du sens et du fonctionnement des réseaux, de la technologie et de l’évolution de la société de l’information. Et c’est aussi vain que d’essayer d’arrêter un cheval une fois qu’il est parti au galop. "

"
Il faudrait d’ailleurs qu’ils admettent qu’ils militent pour l’ignorance, pour l’acculturation, qu’ils revendiquent le fait que vous ne devriez avoir accès à la culture que dans la mesure où vous avez assez d’argent pour vous l’offrir, ou plutôt l’acheter. Et plus ils agiront de manière brutale, déraisonnable, disproportionnée, plus ils se discréditeront.

Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate. Les artistes n’ont rien à craindre des gens qui aiment ce qu’ils font. Les amateurs de musique ne peuvent pas faire de mal aux artistes qu’ils apprécient, même si les industriels s’acharnent à le leur faire croire.

Car le problème n’est pas tant d’empêcher les gens de “voler” des fichiers que d’empêcher les artistes de découvrir qu’il existe des alternatives, et qu’ils peuvent vivre sans ce genre d’intermédiaires. On assiste en effet à un retournement d’alliance, au détriment de l’industrie, entre ceux que l’on appelait des “consommateurs” et ceux que l’on appelait des “producteurs”.

Et ce qui menace le plus l’industrie du disque, ce n’est pas l’amateur de musique et d’échanges de fichiers, c’est le fait que Madonna, et plein d’autres, commencent à quitter leurs maisons de disque car n’ont plus grand chose à leur apporter, contrairement aux tourneurs et aux organisateurs de concerts."

Cette interview a pour moi le mérite de condamner le côté punitif et vindicatif de la loi HADOPI (même si Eben Moglen traite de l'industrie culturelle en général) comme de la multiplication des procès.

Je noterai tout de même que les maisons de disque ont encore toute leur légitimité dans le système actuel (elles existent avant tout pour permettre aux artistes d'enregistrer en se focalisant sur l'artistique et non sur l'administratif et la distribution de l'enregistrement si on résume brièvement) mais que leur mode de distribution et leur business model doit être adapté aux contraintes d'aujourd'hui (c'est à mon avis l'aspet le plus important de l'interview) .

C'est en effet impensable (même si on est ultra capitaliste) d'adapter - à grand renfort de lois et d'amendement - un environnement à sa vision des choses plutôt que d'évoluer et de s'adapter aux nouvelles attentes et contraintes de cet environnement.

Je finis sur une note d'humour pour vous détendre les méninges (Didier Super est signé chez V2 Music, récemment rachetée par Universal Music, je préviens juste ;-D) :



Faites connaitre cet article :

1 commentaires:

Alain a dit…

ah ah la video est marrante, meme si didier super est un peu pourri dans le genre "2nd degre iconoclaste". L'interview est super vraie, et le pire c'est que les majors ont pourtant reussi a limiter la casse en arrivant a toujours degager des profits.
il faut reduire la voilure, ou chercher d'autres vents.